Je lis souvent, et dis moi même, qu'il ne faut jamais se placer derrière son autel sous le coup de la colère. Cependant, je pense que des précisions et explications peuvent être apportées sur ce point. Car la colère est utile en magie, mais pas au sens où on l'entend, à savoir de façon destructrice et dans le but de nuire.

Je l'ai déjà dis et le répète, je suis totalement contre le fait de faire des rituels dans le but de nuire gratuitement, et/ou de manipuler autrui. C'est totalement contraire à mon éthique. Il me paraissait important de le préciser avant de continuer la rédaction de cet article.

La colère peut être utilisée en magie. Mais elle doit être utilisée comme un moteur, et non comme un guide, et entre les deux, la différence est énorme.
L'erreur commise est souvent là, dans la façon de s'en servir. Lorsqu'elle est utilisée comme moteur, on se sert de sa force, de sa puissance et on y ajoute sa volonté, en restant maître de soi. Lorsqu'elle est un guide, on se sert également de sa force, mais elle nous domine, prend le dessus sur nous, il n'y a plus de maîtrise. C'est là que les choses deviennent graves.

Le sentiment de colère peut être utilisé, mais il doit être contrôlé.

Je lis souvent "oui mais la colère est un sentiment violent". Je suis d'accord avec ce point, sauf qu'il n'y a pas que la colère qui est un sentiment violent. Tout les sentiments sans exceptions, le sont. C'est simplement qu'ils le sont chacun à leurs façons, mais ils ont au final, la même dangerosité, le même pouvoir de destruction.

Prenez l'amour par exemple. On se dit toujours que c'est doux et gentil, ce sentiment est toujours vu avec une connotation positive. Hors, si on analyse bien ce sentiment, il peut pousser à la violence, et même au meurtre. Une mère qui tue l'assassin de son enfant, on parlera de vengeance, mais qu'est-ce qui est la source de sa vengeance, si ce n'est pas l'amour qu'elle a pour son enfant ? L'amour est un sentiment de base, mais comme tout les autres sentiments, il en engendre d'autres, en fonction du vécu. Il peut engendrer la violence, comme la générosité. Les sentiment ont un fonctionnement complexe, c'est pour ça qu'il m'es difficile de penser que l'amour, aussi beau qu'il puisse être, soit un sentiment forcément positif.
Il en est de même pour la colère. La colère est vu comme forcément négative. Hors, si on l'analyse, elle peut amener du positif. Lorsque quelqu'un de très gentil se fait marcher dessus en permanence, bien ma foi, se fâcher et pousser une bonne gueulante peut remettre les profiteurs à leurs places, et permettre au gentil qu'on lui foute une paix royale. Et cette paix, nous y avons tous droit, il me semble. Il est tout à fait légitime de la défendre. Ce point fait que je n'arrive pas à voir la colère comme étant un sentiment forcément négatif.

En apparence, les choses ont l'air noires, ou blanches. Mais rien ne l'est. Tout est gris. L'amour n'est pas que positif, la colère pas que négative. Quelque soit le sentiment, il faut se servir de sa force, de sa puissance, pour en ajouter à la volonté. Mais ça ne doit rester que ça.

Lorsque je dis "il ne faut pas se mettre derrière son autel sous le coup de la colère", les mots disent bien ce qu'ils veulent dire. "Sous le coup de la colère".
Lorsqu'on est dans cette phase, la colère a un pouvoir de domination. Nous ne sommes plus maîtres de nous totalement. C'est là qu'on peut faire des bêtises. Il vaut mieux attendre de se calmer, car souvent, une fois le calme intérieur retrouvé, on réalise à quel point il est peu sage de faire un rituel, et on cherche d'autre solutions aux problèmes.
Lorsque la colère ne domine plus, on peut mieux s'en servir. Cette colère, ce moteur, peut être mis dans n'importe quoi, de préférence dans un but positif, n'est-ce pas.
Protéger la maison ? Vouloir avancer spirituellement ? Il y a plusieurs choses à faire, qui nécessite un moteur, et qui ne feront jamais de mal à personne.

Tout ça nécessite d'être vraiment capable de se contrôler. J'ai moi même mis du temps à arriver à ne me servir que d'une partie des sentiments, de cette fonction "moteur",  sans laisser le reste m'envahir et me dominer.

En lisant bien, il ne s'agit donc pas d'utiliser la colère dans son entièreté, au sens propre. Mais d'une partie d'elle, de sa force, de la force qu'elle vous a insufflé. Il faut utiliser ça, et uniquement ça.

Il y a une chose qui aide. Avoir une éthique. Refuser de faire du mal aux autres, refuser de manipuler. Ces actes me paraissent tellement abjectes et dépourvus d'humanité, que ma colère, aussi grande soit-elle parfois, et croyez-moi, je sais me fâcher, ne passe pas au dessus de ça. C'est ce qui fait, que jamais de ma vie je ne me suis mise derrière mon autel sous le coup de la colère. Parce que je sais que si je faisais du mal gratuitement ou manipulais, je me détesterais tellement, que je ne pourrais jamais me le pardonner.
Je ne suis pas miss perfection. Je ne peux pas prétendre que jamais ça ne m'arrivera. Personne ne peut prétendre ça, car peu d'entre nous on été poussés véritablement dans leurs retranchements les plus sombres, dans un endroit de nous si loin que nous ne le connaissons pas et le sous estimons probablement, où jamais nous n'irons, du moins je l'espère.
On ne sait pas où la vie nous conduira. Mais garder le contrôle autant qu'on peut et faire de son mieux, reste la seule marche à suivre.

J'ai conscience que la fin de l'article est sombre, veuillez m'en excuser. Mais même si je veux faire passer les messages les plus positifs possibles, j'ai tout de même conscience que les bisounours.... C'est pas nous.