Carrie - Blog ésotérique Samhain Sabbath

J'avais déjà écrit un article au sujet de ce film (ici), mais uniquement pour parler de sa sortie. L'ayant vu, il est temps pour moi de donner un avis plus personnel. Tout d'abord, un petit résumé :

Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit la blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera…
(Source)

Carrie, est à l'origine, un roman de Stephen King, son tout premier roman. Le livre raconte l'histoire d'une jeune fille, Carrie White, au physique peu avantageux, rejetée de tous, et même maltraitée. Sa mère, Margaret White, une femme très pieuse et extrémiste, va, elle aussi, jusqu'à la maltraitance, même si c'est de façon différente. Il est courant que Carrie soit enfermée dans un placard pour prier, et demander pardon pour des fautes commises, comme celui d'être une femme, entre autres.
Elle trouve du réconfort dans cette capacité qu'elle se découvre : La télékinésie. 

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Il y a trois version du film. J'ai vu les trois. La toute première, et brillante, de Brian de Palma, en 1976. La seconde, excellente aussi, de David Carson en 2002, et enfin, la version dont il est question ici, la moins bonne à mon sens, de Kimberly Pierce, datant de 2013.

La première version de De Palma était brillante, parce que selon moi, même si il manquait des éléments dans le film, que des différences énormes existaient, on avait à faire à une Carrie hors norme. Elle était parfaite. Les acteurs étaient formidables et le film est tourné de telle façon qu'il est fascinant, bien que les écrits de Stephen King soient un peu maltraités. De Palma avait su, tout de même, rester proche du livre en apportant sa propre touche. Il avait su la faire accepter des lecteurs, ce qui est une performance assez bluffante.

La seconde version est celle qui se distingue le plus selon moi, car même si on y voit une Carrie légèrement plus jolie, elle ne l'est pas encore de trop, l'actrice (Angela Bettis) joue à merveille cette adolescente en véritable souffrance, et le film en lui même colle davantage aux écrits de Stephen King, même si c'est pas encore tout à fait ça. On reste donc satisfait du film.

Il est maintenant donc question de cette nouvelle version. Si j'avais vu ce film sans jamais avoir lu le livre ni vu les deux films précédents, je vous dirais que ce film est excellent. Malheureusement, j'ai vu les précédentes versions, je suis une adoratrice de Stephen King, et ce livre m'a particulièrement percutée, je suis très sensible à l'histoire de Carrie.

Je me demande donc, en tout objectivité : Pourquoi ? Pourquoi un nouveau film, pour en faire, de surcroît, une assez pâle copie du film de De Palma ? Les écrits de Stephen King restent maltraités, on se retrouve avec une Carrie super jolie, c'est d'ailleurs le point qui m'a choquée dès le départ. Carrie n'est pas jolie, c'est un point très important du personnage, puisque ce physique peu avantageux est à l'origine de bien des moqueries, dans l'oeuvre de Stephen King.

Ma déception se situe aussi dans le fait que le film ait été fait en 2013, et qu'au final, tout reste mal exploité. Les moyens étaient plus importants, nombreux, pour mettre en scènes les écrits dramatiques du livre. Comme beaucoup de lecteurs, j'ai pensé que cette fois-ci, nom de dieu, on allait enfin voir cette aussi formidable qu'effrayante fin, de façon plus spectaculaire que dans la seconde version. La destruction complète de la ville par Carrie, complètement déconnectée de la réalité, n'épargant rien ni personne. Et rien. Zéro. Quelques petits boums, rien en comparaison de la furie destructrice dont Carrie fait usage dans le livre.

Chloë Grace Moretz, qui est une actrice que j'aime pourtant énormément, n'était selon moi pas l'actrice la plus adaptée, parce qu'elle est, dans ce cas précis, trop jolie, ce qui fait apparaître à l'écran une Carrie qui me dérange.
J'ai été en revanche bluffée par Julianne Moore, que je n'aime pourtant pas, en temps normal. Elle offre une Margaret White angoissante, qui fait peur, dont la folie est palpable, qui vit cette relation si conflictuelle et torturée avec sa fille. Sur ce point là, d'ailleurs, les deux actrices sont assez fantastiques, leurs jeu a fait que j'ai eu le sentiment d'être davantage plongée dans leur relation profonde.
Les autres acteurs ne m'ont pas transcendée, au point que je me rappelle à peine leur visages. Mise à part le duo Moretz-Moore, les acteurs sont au final assez plats.

Malheureusement, donc, j'ai vu les deux autres versions, et j'ai lu le livre. Si je devais revoir un Carrie, ce serait les deux premiers, la version de De Palma est d'ailleurs dans mes DVD. Mais celui là, ce nouveau remake, malgré les points positifs, je ne me laisserai pas aller à un second visionnage.