Le Voile - Blog ésotérique Samhain SabbathSujet délicat. Pas facile d’écrire là-dessus sans risquer de se faire allumer par des gens qui ont du mal avec le fait que vous ne partagiez pas leurs sacro-saintes pensées.

Qu’importe. Étant donné qu’on vient souvent me gonfler me dire que le voile c’est caca parce que vive la liberté des femmes, je vais donc exposer mon point de vue… de Femme. De féministe même, mais aussi de personne très liée à la spiritualité, et non à la religion certes, les deux ne sont pas à confondre.

Je pense donc que cet article à sa place sur ce blog, car il est, au final, question de culte, de culture, d’exprimer ses croyances, et surtout, du droit de les afficher.

Je préfère cependant préciser, une nouvelle fois que je n’aime pas la religion, et principalement les 3 grandes monothéistes. Si vous y êtes profondément attaché, ce que je comprends tout à fait et respecte, il vaudrait mieux ne pas lire cet article. Même si je respecte que vous soyez croyants, et que  je ne souhaite pas être désagréable, vous ne me verrez cependant jamais en dire du bien. Je n’approuve pas et n’approuverai jamais la domination. Mais c’est un point de vue qui est le mien, et il va de soi que jamais je n’embête un croyant, ce serait contraire à ma propre spiritualité en tant que Luciferiste.

Il existe un débat. Beaucoup vous diront que le voile est imposé dans le Coran, d’autres affirmeront que non. Pour ne pas l’avoir fini, je ne peux donc pas m’exprimer sur cette question précise.
J’en resterais à cette fameuse interdiction qui fait tant parler. A tort, selon moi. A tort, car j’estime que ce débat n’a pas lieu d’être et est choquant de par son existence.

Un voile sur la tête. Un bonnet. Une casquette. Un bandana. Un vêtement, en somme. Mais religieux. Et étranger. Je me suis souvent demandé ce qui pouvait le plus déranger dans tout ça, et après analyse de la situation, puisque les bonnets et autres couvres chefs ne semblent gêner personne, j’en ai déduis que le caractère religieux, voire étranger, posait donc problème, au-delà de la notion de  consentement des femmes.

On interdit le voile, la burqa, mais on laisse les bonnes sœurs tranquilles, elles qui sont pourtant voilées. Pourquoi ne sont-elles pas ciblées, elles aussi, par ces discriminations, ces interdictions, cette violence verbale et même  physique ? Mais, vous dira t-on, elles sont Chrétiennes, alors ce n’est pas pareil. Ah. Donc on a bien un souci avec la notion d’étranger quel que soit son sens, nous sommes d’accord.
On vous parlera, pour justifier ceci, des racines Chrétiennes de la France. Racines Chrétiennes qui n’existent pas. L’église est arrivée sur le tard et tout le monde sait comment elle s’est imposée.

On vous parlera du consentement des femmes. Et c’est bien le seul point qui m’inquiète, en réalité. Qu’une femme se voile pour sa religion et qu’elle y consent, je m’en contrefous. Mais si elle n’est pas consentante, là j’ai un problème.
Seulement, le débat sur le consentement est délicat et relativement problématique. Peut-on, en effet, parler de consentement réel, alors que le voile a pour source une religion relativement patriarcale, créée par l’homme ? Il ne m’est pas possible, d’un point de vue personnel, de dire qu’il y a réel consentement, étant donné la source de la pratique. Pour ma part, il y a forcément influence de la religion, et donc de d’autres sur sa propre pensée.
La religion, ou en tout cas les 3 grandes monothéistes, c’est un ensemble de « tu dois », « tu ne dois pas », « ça c’est bien », « ça c’est mal » à tous les carrefours, et j’ai du mal à percevoir la libre pensée, le libre arbitre réel, dans de telles conditions, puisque la pensée et la conduite sont dictées du début à la fin et qu'on va jusqu'à exiger obéissance.
Si de mon point de vue, le consentement réel est un gigantesque débat au sujet duquel vous connaissez désormais mon avis, nous ne pouvons en revanche en aucun cas imposer le retrait du voile pour autant. A cause de la notion de consentement des femmes, justement. Pour une seule et unique raison : Si une femme dit  « non », ça doit être entendu, et si elle dit « oui », ça doit être entendu. Et nous ne pouvons pas passer par-dessus les mots prononcés par ces femmes. C’est une atteinte à leur liberté. Avoir un avis est une chose, l’imposer au mépris de la liberté des autres en est une autre.

Beaucoup pensent qu’interdire le voile, c’est libérer les femmes. Seulement ce que ces gens ne comprennent pas, selon moi, c’est qu’il s’agit de leurs points de vue. Ils vous diront qu’il faut l’interdire pour leur bien. Cependant,  ceux qui imposent le voile aux femmes prétendent aussi que c’est pour leur bien. Dans les deux cas, on assiste à un clair manque de respect de la volonté des femmes. On leur retire la parole dans les deux cas, on pense pour elles dans les deux cas. Interdire le voile est du même acabit que de l’imposer, la femme n’a rien à dire. Il ne sert à rien de se cacher derrière des excuses de volonté de liberté et de bien-être, car c’est, et ça restera le fait d’imposer une volonté qui est uniquement la vôtre. Hors, on ne parle pas de vous, ou de moi. On parle d’elles. Et il est grand temps de les laisser parler pour elles-mêmes, puisque c’est justement ce que tout le monde semble vouloir, et ce, même si elles disent ce qui ne vous plaît pas. Ce n'est pas votre opinion ou avis sur la question qui compte. C'est la leur.

Si je pense à titre personnel qu’il y a un souci de consentement réel, je reste contre, fermement et définitivement contre cette interdiction du voile qui est pour moi un véritable scandale, qui relève davantage de l’hypocrisie que de la réelle volonté d’aider les femmes.
Si hypocrisie il n’y avait pas, on se soucierait davantage du sort des bonnes sœurs, au sujet desquelles les articles de presse en expliquent de belles. On exigerait d’elles qu’elles retirent leurs voiles puisque les signes religieux ostentatoires posent problème, et qu’il est symbole d’une soumission inacceptable.

Je veux qu’on écoute les femmes. Point final. Si une femme ne veut pas de son voile, alors tout doit être mis en œuvre pour la protéger et l’aider à exercer son droit à ne pas le porter. Mais si une femme veut porter son voile, on doit la laisser le porter librement. La notion réelle de consentement est un débat compliqué comme je l’ai dit et répété, mais au final, ce qui doit être écouté, ce sont les mots prononcés par ces femmes.
C’est en cela je pense, que nous nous montrerons réellement respectueux envers elles. Nous n’avons pas ce droit, de décider ce qui est le mieux pour elles. Nous pouvons discuter, échanger, mais ne pas imposer.

Il y a tout simplement des gens qui ne sont pas prêts à entendre qu’ils sont enfermés dans des dogmes, des schémas construits par d’autres. Même pour nous, qui faisons sans cesse des efforts pour sortir de ceux que notre société véhicule de façon si sournoise que s’en est inquiétant, c’est difficile. On ne peut que faire de notre mieux et offrir notre compassion. Nous aider les uns les autres, à nous détacher de toutes ces choses dictées par des gens qui ne sont pas armés de bonnes intentions.
Juger, crier, insulter ne sert à rien. Il y aura toujours un point noir chez nous qui fera qu’on ne sera jamais au-dessus des autres.

Alors, puisqu’on est tous sur le même bateau, si on vivait juste ensemble, en se foutant de ce que l’autre à sur le dos et de ce en quoi il croit, juste comme ça, pour voir ?

citrouille14

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