La pluie. Beaucoup d'entres nous l'aime. Nous aimons l'entendre tomber. C'est relaxant, apaisant. 

Je ferme les yeux et j'écoute. J'essaies toujours d'entendre le plus de détails possible. D'ailleurs, soit dit en passant, la pluie reste une jolie base pour une méditation. Ou même, une simple relaxation.

Et demain la pluie

Depuis toujours, j'aime la pluie. Je suis une amoureuse folle de la nature et elle m'a toujours émerveillée de part sa grandeur. Bien entendu, ça ne m'empêche pas de la voir telle qu'elle est. Ambivalente. Elle n'est ni bonne ni cruelle, elle fonctionne en fonction de ce qui lui est imposé, de ce qu'elle doit produire. Je ne souhaite pas ici parler d'un simple fonctionnement naturel, qui n'est d'ailleurs pas discutable. Des crues, il y en a eu, probablement même sans que nous ne soyons là.

Je pense plutôt ici à une réflexion que j'entends fréquemment et qui ne me parait pas juste, pas logique.

Permettez-moi une petite parenthèse. Le réchauffement climatique est une réalité. La nature ne pense pas, elle ne juge ni ne condamne. Il faut cesser de lui prêter ces pensées et intentions qui ne sont que l'invention et autres croyances  des hommes. La nature subit et change, s'adapte.

Tellement de gens sont convaincus que la Terre se détruit, en ce moment même. Je ne suis pas d'accord avec cette hypothèse, que je trouve relativement simpliste. L'histoire nous a montré que la Terre ne se détruit pas : Elle évolue. Elle change, plus précisément, elle s'adapte à ce qu'il se passe sur et autour d'elle.
De part nos comportements irresponsables, nous ne détruisons pas la planète : Nous la rendons inhabitable pour nous, nuance. Elle change. Elle s'adapte. Elle s'apprète à continuer sans nous. Nous qui ruinons tout ce qui peut assurer notre survie. Non seulement nous la rendons inhabitable pour nous, mais pour tous animaux la parcourant. Nous ne la tuons pas. Nous nous suicidons. Dans l'absurdité la plus absolue....

J'ai, par le passé, culpabilisé d'aimer la pluie. La neige aussi. Parce que je pensais qu'il était si triste que des gens soient en dessous, et en meurent parfois. C'est de ça, de ce raisonnement que je souhaite parler ici. Discours tant véhiculé et partant d'une généreuse intention, pleine de compassion. Puisque j'aimais tant la pluie, puisqu'elle était si appaisante pour moi, au point de moi aussi rester longuement en dessous pour en profiter, j'ai voulu comprendre pourquoi je l'aimais, et si ma culpabilité avait un sens. Si la culpabilité de beaucoup, face à cette pluie qui apporte tant, avait un sens véritable, une logique. J'ai été si soulagée, lorsque j'ai compris que ça n'en avait aucun.

Ma culpabilité, la votre aussi si vous l'éprouvez, n'a pas lieu d'être. La pluie est un phénomène naturel dont nous avons besoin. Dont la Terre a besoin. Pourquoi diaboliser, se refuser à aimer et profiter de ce que la nature offre de plus beau et de plus apaisant ? 
La raison invoquée est les diverses intempéries, causant des catastrophes. Les inondations, les noyades que ça peut occasionner, les pertes de bien matériels, les gens qui passent la nuit dessous. Mais... Est-ce que ça retire à la pluie ses bienfaits ? Est-ce une criminelle ? Doit-on la blâmer, la détester, la maudire ? Les gens ne cessent pourtant pas de courir après le soleil, qui tue lui aussi, avec sa chaleur parfois écrasante. La nature fonctionne, mais n'est pas une criminelle intentionnelle, même si elle engendre malheureusement des pertes.

La pluie, cette innocente partie d'un grand tout. Le réel coupable, hormis le fonctionnement naturel évidemment... C'est l'humain.

Cet humain, qui a su construire une société, un système, qui rend possible, de quelque façon que ce soit, volontairement ou non, que plusieurs de ses semblables n'aient pas de toits, dans l'indifférence et même parfois le mépris, préférant les laisser mourir dehors sous elle, cette fameuse pluie qu'on ose plus aimer. 
Cet humain qui persiste à mal se conduire, ne respectant rien et même pas lui même finalement, faisant que la pluie devient, malgré elle, un danger de plus en plus important, fréquent, inhabituel. Ce que je dis là est valable pour la neige et par extension, le froid.

La pluie, cette diablerie qui n'en est pas une. 

"Je ne peux pas aimer la pluie, je pense aux gens qui..."

Non. Ce n'est pas la pluie qu'il ne faut pas aimer. Ce sont les hommes qui rendent possible que d'autres, toutes créatures confondues, meurent part elle, parce que leur système est défaillant. Il ne s'agit que d'évènements naturels, et même lorsqu'il s'agit de gens ne dormant pas dessous à longueur d'année.... Ce ne sont que des accidents. Tragiques et douloureux, c'est vrai. Mais ils restent des accidents.
Ce discours, cette culpabilité ne sont donc pas logiques, c'est de ça, dont je voulais parler.

Des gens se tuent en faisant de l'escalade. Est-ce la faute de la montagne ? Est-ce qu'elle devient laide pour ça ? Est-ce que pour ça, vous devez vraiment vous sentir coupables d'aimer quelque chose ? Repousser ce que ça vous apporte, dans ce monde déjà suffisamment difficile ? 

Alors... Laissez-vous donc aller à l'aimer. Laissez-là être le guide fantastique qu'elle peut être pour votre apaisement, vos relaxations et vos méditations. Soyez heureux qu'elle soit encore là, et soyez heureux d'être encore là pour pouvoir la sentir, la voir et la toucher. C'est une beauté de la nature, qu'il faut simplement voir avec justesse. Ne culpabilisez pas de profiter d'elle. Cette raison invoquée depuis tant de temps n'existe pas.

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