A la lecture du titre de cet article, on pensera que je vais vous parler d'une attraction hantée. Un de ces lieux bon enfant qui fait peur, ce genre de maison au sein de laquelle on aime aller se perdre à Halloween, qui serait perdue au milieu d'un parc d'attractions laissé à l'abandon.

Je ne trouve aucun clichés de ce lieu. Pourtant, je suis une habituée des recherches. Ce lieu a été très longtemps gardé secret, en raison de ce qu'il s'y passait, il n'a été découvert que sur le tard. Ceci expliquerait cela.

Santiago, Chili. 1973.

A cette époque, les autorités militaires du pays se trouvaient sous la direction du Général Pinochet, qu'on ne présente plus. Ils organisèrent un violent et magistral coup d'état, et prirent le pouvoir sur la totalité du pays. Les prisonniers politiques furent exécutés de façon massive.

En 1977, la Central National de Informaciones vit le jour. Il s'agissait de la police politique. Cette police avait pour objectif de recueillir des informations, et tout renseignements sur des dissensions politiques. Il ne faisait malheureusement pas bon de penser tout seul, et encore moins à voix haute. Si vous me le permettez, je comparerais un peu ceci au nazisme. Plus de droit de penser ni de parler, et encore moins pour dire qu'on est pas d'accord avec le gouvernement en place. Ça coûte cher. Ça coûte la vie, même.

Des centres de détentions ont été créés. C'est ce qui renforce un peu ma comparaison au nazisme, connaissant les deux histoires, le rapprochement s'est fait un peu malgré moi.
On emmenait les prisonniers dans ces centres, non pas pour les faire travailler, mais pour les interroger. Les méthodes de la CNI étaient tenues incroyablement secrètes. Tant et si bien que tous ignoraient où se trouvait ces centres, et bien entendu, ce qui y était pratiqué.

Des milliers de prisonniers ont été torturés dans ces centres, en raison de leurs activités politiques supposées. Toutes les classes sociales s'y trouvaient. Il était possible de voir un habitant des bidons villes, tout comme des avocats et médecins, ou encore des ouvriers. Personne n'était épargnés, il s'agissait uniquement de soit disant activités politiques, qui vous êtiez ne comptait pas.
Les tortures pratiquées dans ces centre portent des noms, mais restent, tout de même inconcevables. Ils étaient battus, soumis à des électrochocs, violés, brûlés sur les partie génitales, privés de sommeil.
Bon nombre de ces victimes ont.... Disparus.

Un de ces centres a été localisé, au cours des années 80. Un ancien hôtel, à Pedro de Valdivia. Cet ancien hôtel avait été surnommé La Casa de la Risa, autrement dit "La Maison du Rire". La seule et unique raison de ce surnom était la musique extrêmement forte qui en sortait sans cesse. Le jour comme la nuit. La musique dans cette maison, bien entendu, servait à couvrir les hurlements de tout ces pauvres gens, dont beaucoup ne sont jamais ressortis.

Récemment, des ouvriers du bâtiment sont venus dans cette maison, vouée à la démolition. Lorsqu'ils ont commencés à la démolir, beaucoup ont déclarés voir et entendre des choses étranges. 
Ces choses étaient si inquiétantes, que les ouvriers, qui dormaient dans la maison la première nuit dans des chambres séparées, ont décidés de dormir tous dans la même chambre les nuits qui ont suivis, quitte à être trop serrés. Vaut mieux être trop serrés que tout seul, dans cette maison.
Des coups aux fenêtres, des hurlements, des paroles, de la musique... Et même des pleurs d'enfants.Les ouvriers n'ont pas pu aller jusqu'au bout de ce travail de démolition. Les choses découvertes au fur et à mesure de l'avancée des travaux étaient si macabres que s'en était insupportable. Des étranges passages, des séries de galeries, de fausses portes ne menant nulle part. Que faisait-on ? Est-ce qu'ils avaient fait une sorte de labyrinthe, pour rendre ces pauvres gens fous ? Un jeu macabre, qui consisterait à les faire se perdre dans ses galeries et chemins, pour ne se heurter qu'à des portes qui n'offrent aucun espoir, pire, le retire de la façon la plus cruelle qui soit, après l'avoir fait miroiter ? Il ne serait en rien étonnant que la torture mentale ait été liée à la torture physique. Après tout, il s'agirait bien là du summum de la torture, et ces gens, capables de tant de cruauté, ne manquent malheureusement pas d'imagination.
Ils découvriront aussi un cachot, au sein duquel la torture physique devait être pratiquée dans toute sa splendeur. Dans cette maison, la CNI s'est vraiment laissée aller à des pratiques plus que nauséabondes. D'ailleurs, il a été officiellement établit que sous le règne de Pinochet, les tortures ont bel et bien eu lieux, et ce, à une très grande échelle. Les ouvriers ont donc abandonnés, trop envahis par l'horreur du lieu, et celle qu'il ressentaient.

Il a finalement été décidé que la Maison du Rire serait rasée au sol. Beaucoup de questions restent sans réponses et la Maison du Rire n'est plus là pour les livrer. Seuls les "habitants" qui sont on ne sait où, le pourraient....