Cette forêt se situe au Nord-est du Mont Fuji, au Japon. Elle fait quelques trois mille hectares. Elle s'étend au pied du Mont Fuji, à moins de cent kilomètres de Tokyo. Elle est aussi connue sous le nom de Jukai "Mer d'arbres". Elle porte ce surnom, à cause de la quantité impressionnante d'arbres qui s'y trouve. Cette étendue d'arbres, couvre la plus grande partie d'une coulée de lave, qui a ensevelit la région lors d’une éruption en 864.

La forêt d'Aokigahara - Blog ésotérique Samhain Sabbath
(auteur inconnu)

La forêt d'Aokigahara 2 - Blog ésotérique Samhain Sabbath
(auteur inconnu)

Aokigahara ne doit pourtant pas sa réputation à la beauté de ses arbres, ni à la présence du Mont Fuji, le tout offrant un paysage magnifique.
Elle ne doit sa réputation, très sinistre, qu'au nombre impressionnant de suicidés par pendaison retrouvés dans cette forêt.
Au Japon, elle est d'ailleurs le premier endroit où a eu lieu le plus grand nombre de suicides, et au niveau mondial, elle se situe en second, derrière le Golden Gate Bridge, à San Francisco.

La fiction a malheureusement joué un rôle dans le fait que ce lieu soit désormais une gigantesque tombe à ciel ouvert. Quelques auteurs japonais ont écrit des livres, faisant d'Aokigahara le lieu parfait pour mettre fin à ses jours, sans être jamais retrouvés, allant même jusqu'à la conseiller, ce qui a rendu l'un desdits ouvrages très controversé.

Le premier, à, selon les gens, mettre le feu aux poudres, fut Seicho Mastumoto, avec sa nouvelle Kuroi Jukai ("Mer noire d'arbres"), écrite en 1959. Il est le premier à suggérer, dans son oeuvre, qu'Aokigahara est "l'endroit idéal pour mourir", dans le sens où le suicide peut être fait en toute discretion, sans risquer d'être secouru, ou retrouvé. Ceci étant dit, l'auteur le plus incriminé est Wataru Tsutsumi, qui a, littéralement, écrit le manuel du parfait suicide, nommé d'ailleurs, à juste titre "Le guide complet du suicide". Dans ce livre, il décrit plusieurs façon de se suicider, les conséquences de ces dernières (douleurs avant de décéder ou non) mais opte et conseille le suicide par pendaison. L'auteur pousse le summum du macabre en indiquant de façon très claire les endroits de la forêt où se rendre pour ne pas être secourus et retrouvés. Bien entendu, ces lieux ne sont aujourd'hui plus secrets, si il avait voulu qu'ils le restent, il n'aurait pas fallu en faire mention.
Je pense, à titre personnel, que donner des lieux qui ne resteraient donc fatalement pas secrets, sont la preuve du manque d'intelligence et de réflexion de cet homme. La preuve supplémentaire de son manque de réflexion réside dans le fait qu'il n'a pas songé (ou s'est fichu, ce qui est pire), qu'il allait être en partie responsable, directement ou indirectement, d'une augmentation épouvantable du nombre de suicides par pendaison dans cette forêt.
Il ne s'agit pas pour moi d'incriminer véritablement ces ouvrages. Il s'agit de relater des faits. Ces gens étaient déjà suicidaires avant d'ouvrir ces livres, c'est un fait. Et lorsque nous voulons réellement mourir.... Nous mourons, c'est également un fait.
Il n'était pas intelligent d'écrire de tels livres et de les laisser être mis entre les mains de gens fragiles, c'est encore un fait, en particulier lorsqu'il s'agit de mode d'emploi du suicide parfait, mais la condamnation de leurs êtres étaient déjà faite, ces gens étaient déjà condamnés dans leurs têtes. Le suicide vient de notre libre arbitre, pas d'un livre. Ces ouvrages ont apportés des réponses et ont terminés un processus déjà bien démarré, que personne ne pouvait arrêter. On ne peut donc pas retirer totalement la fonction de déclencheur du passage à l'acte à ces ouvrages, et donc à leurs auteurs, puisque même si ils n'ont fait que terminer un processus entâmé, ils ont tout de même eu cette fonction.
Car il est, selon moi, un peu trop facile de coller un flingue sur la tempe de quelqu'un, pour ensuite dire qu'il a lui même tiré par choix, sans reconnaître et assumer sa propre influence, peu importe son degré. Ces auteurs, bien que n'étant pas intégralement coupables, ont une part de responsabilité dans l'augmentation de ces suicides, et d'ailleurs, le nombre croissant de suicidés, après la parution de ces ouvrages, la présence desdits ouvrages aux pieds des pendus, prouvent la véracité de ce fait.

Chaque années, une association de policiers, pompiers et volontaires balayent la forêt, du mieux qu'ils le peuvent, afin de ramasser les corps. Ils fouillent la zone le plus profondément possible, afin de retrouver aussi les corps n'ayant pas été retrouvés avant, divers ossements et objets personnels. Malheureusement, Aokigahara est tellement vaste qu'il n'est pas possible pour toutes ces équipes de retrouver tout le monde, malgré tout les efforts déployés. Ces équipes retrouvent, chaque années, plusieurs centaines de cadavres. Bien qu'ils en fassent le compte, les chiffres officiels, et ils le reconnaissent, sont forcément faussés par la présence de cadavres dans la forêt non retrouvés.

Désemparés par cette situation, un panneau de soutien, quelque peu affectueux, a été placé à l'entrée de la forêt. Un ultime petit pour mot, pour, on ne sait jamais, faire changer d'avis les âmes tristes qui entrent ici pour ne plus ressortir.

La forêt d'Aokigahara 3 - Blog ésotérique Samhain Sabbath
(auteur inconnu)

“Votre vie est un cadeau précieux offert par vos parents. Pensez à vos parents, à vos frères et sœurs, à vos enfants. Ne gardez rien pour vous ,confiez vos problèmes.”

D'autres messages sont disposés, ici et là, dans la forêt, comme :

  • "Votre vie est précieuse, pensez à ceux qui vous aiment"
  • "Pensez-y encore fois. S'il vous plaît, cherchez de l'aide."
  • "Contactez les urgences avant de décider de mourir. S'il vous plaît, reconsidérez votre geste."

D'autres panneaux avertissent également les promeneurs des dangers de la forêt, car il est en effet possible d'y faire des chutes mortelles, de s'y perdre sans pouvoir être retrouvés. Il n'est, normalement, pas autorisé de sortir des chemins balisés, même pour une courte distance. Ces chemins balisés ne sont pas là que pour éviter de vous perdre ou de chuter dans une large crevasse. Ils sont aussi là pour vous éviter de tomber sur un cadavre, quelque soit son état.

Cette forêt est dangereuse pour une troisième raison. Elle est, et reste, l'endroit parfait pour cacher un cadavre. C'est donc dans cette forêt que des meurtres sont aussi commis et les corps abandonnés, cachés. Les meurtriers le savent, les autorités et autres volontaires concluront, le plus souvent, à un suicide pour les corps retrouvés, et à une simple disparition, pour ceux qu'on ne retrouve pas. Bien entendu, des meurtres ont été repérés et élucidés. Mais tous ne le sont pas, loin de là.

Les japonais sont des gens profondément croyants. Il est donc très courant de penser, au Japon, que lorsqu'un être décède dans la colère, la douleur, le désespoir, il reste ici bas, pour errer indéfiniment. Dans notre culture, les êtres quittant ce monde matériel par le biais d'une mort violente (meurtres, suicides) ont aussi du mal à se détacher du plan terrestre. Il n'est donc pas étonnant que de nombreux cas de hantises aient été relatés dans cette forêt, et qu'elle possède, encore aujourd'hui, la réputation d'être une forêt hantée, d'autant que les suicides continuent. Et ne s'arrêteront probablement jamais....